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Le poids d'une sentence

Je suppose que je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'écrire un livre est un défi en soi, surtout si vous vous êtes déjà lancé(e) dans l'aventure. Mais soumettre le fruit de son imagination à ses proches est un exercice bien plus périlleux encore.


S'il est vrai que dans un premier temps on écrit bien souvent pour soi, surtout lorsque l'écriture n'est pas notre activité principale, il arrive un moment où l'envie de soumettre ses écrits à un regard extérieur se fait sentir. Cette démarche, quoique naturelle, n'est pourtant pas anodine et peut avoir un impact désastreux sur la confiance en soi.

L'écriture d'un livre, quel qu'il soit, est toujours une démarche personnelle.

Je ne sais pas ce qu'il en est ou fut pour vous, mais pour ma part, j'ai eu énormément de mal à franchir le pas, probablement par manque d'assurance. Je me souviens qu'après avoir terminé le tout premier chapitre, ma maman et ma meilleure amie, qui étaient bien évidemment au courant de mon projet, m'avaient fait part de leur envie de lire ce que j'avais écrit.


Flattée dans un premier temps par leur requête, j'avais bien vite déchanté, figée par la peur des critiques. Je me souviens avoir lu et relu mon premier chapitre un nombre incalculable de fois, chaque lecture me laissant tantôt fière et orgueilleuse, tantôt atterrée par la médiocrité et le manque d'intérêt absolu de mon histoire.

Il me fallut donc une bonne dose de courage et l'insistance de mes deux premières lectrices pour accéder finalement à leur demande.

Alors que je croyais que le plus dur était derrière moi, après tout, j'avais fini par arracher mon sparadrap et la blessure était à présent exposée, je me rendis bien vite compte qu'il n'en était rien. En effet, une fois les premières pages envoyées, je me suis retrouvée à compter les heures dans l'attente de leur verdict.

J'étais tellement stressée que le temps s'était figé.

Lorsque leur verdict tomba enfin, ce fut le soulagement car elles avaient toutes les deux aimé ce premier chapitre et étaient curieuses de découvrir la suite. Un avis qui me fit chaud au cœur, même si j'étais bien consciente que l'affection qu'elles me portaient avait plus que probablement biaisé leur jugement.


Boostée par ce retour positif, je me suis sentie pousser des ailes. J'écrivais désormais avec plus d'assurance et j'étais devenue plus sûre de moi aussi, un peu trop peut-être car je décidai de soumettre mon histoire à une personne plus éloignée de mon entourage. Une décision qui allait s'avérer fatale pour mon ego, cette personne ne partageant pas du tout l'avis de mes deux plus ferventes admiratrices et ayant arrêté la lecture au troisième chapitre.

Cette sentence coupa net mon élan créatif et je ne repris plus l'écriture de mon livre avant plusieurs années.

Lorsque je me remis à écrire, je dus toutefois bien reconnaître que les remarques émises par cette troisième lectrice étaient tout à fait fondées, et je crois même pouvoir affirmer aujourd'hui que c'est un peu grâce à elle si j'ai réussi à regarder ma propre histoire avec un œil plus critique.


En guise de conclusion, je dirais simplement que l'écriture est un art et que la perception de l'art est quelque chose de très subjectif. Certains adoreront votre histoire alors que d'autres la trouveront sans intérêt. Cela fait partie du jeu, il faut l'accepter, même si ça fait mal.


Pour ma part, je reste convaincue que tout livre peut trouver son public, et qu'une critique, constructive ou non d'ailleurs, ne remet nullement votre talent en question. Si vous en doutez, dites-vous simplement que plusieurs maisons d'édition ont refusé d'éditer Harry Potter en affirmant que ce livre n'aurait jamais de succès. Je pense pouvoir affirmer qu'elles n'avaient pas vu juste...

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