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<Intrigues, etc.>

Il y a un plaisir mystérieux dans le fait de détruire.

 

Jorge Luis Borges

Extrait

Valentine s’arrête, essoufflée, alors que la Golf disparaît à l’angle de la rue, non sans avoir klaxonné pour la saluer. La fillette demeure ainsi pendant quelques secondes encore avant de revenir sur ses pas pour rentrer chez elle.

 

Alors qu’elle arrive à hauteur du véhicule qui suivait la Golf de son amie, celui-ci s’immobilise. Le conducteur se penche du côté passager pour abaisser la vitre, et interpelle Valentine, tout sourire.

 

Pourtant d’un naturel prudent, Valentine s’avance sans se méfier. Pourquoi se méfierait-elle ? En ce dimanche 18 juin 1995, les noms de Marc Dutroux et Michel Fourniret n’ont pas encore défrayé la chronique, et personne ne soupçonne qu’un prédateur sexuel rôde dans la région.

— Excuse-moi, jeune fille. Pourrais-tu nous dire où se trouve l’hôpital le plus proche ? On n’est pas du coin et notre fils a une fièvre de cheval qui ne veut pas descendre, précise-t-il en montrant une femme et un bébé installés sur la banquette arrière.

La fillette se rapproche du véhicule et constate effectivement qu’une femme tient un bébé dans les bras, l’air inquiet. Mais les mises en garde répétées de son père lui reviennent en mémoire, et Valentine préfère ne prendre aucun risque inutile. La maison de son institutrice est à moins de cinq cents mètres, elle leur propose donc d’aller sonner à sa porte.

Semblant hésiter, l’homme jette un coup d’œil dans le rétrovi- seur avant d’ajouter :

— C’est une super idée, je vais t’accompagner.

Lorsque l’homme sort de sa voiture, sans avoir coupé le moteur, Valentine sent que quelque chose ne va pas. Consciente que son instinct la trompe rarement, elle analyse rapidement la situation.

 

L’homme accélère le pas, une main derrière le dos, ce qui n’a rien pour la rassurer. Elle balaye la rue du regard. Personne à l’horizon. Pas étonnant, en ce dimanche soir ensoleillé.

Ce qu'ils en ont pensé

Hélène M.

« Je viens de terminer la lecture de ce recueil et c’était un vrai régal !  Même si toutes le nouvelles sont sympas, je crois que ma préférée est « Les yeux revolver », particulièrement déroutante par la confusion temporelle savamment entretenue… Bravo !»
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